Je regarde : mes images, elles sont belles Je lis : The catcher in the rye, Salinger Je joue : avec mon avenir Je pense : à me faire moi-même de ce qu'on a fait de moi (mis à jour samedi 30 janvier 2010 à 00:04)
Vingt ans depuis la chute du mur. Tout un symbole. Vous vous en rappelez, vous ? Il me semble que ce doit être un de mes premiers souvenirs télévisuels... peut-être fantasme-je, cependant. Good bye Lenin ne vous remplit-il pas toujours d'une très vive émotion ?
En tout les cas, il faut se garder d'angélisme, et prendre un peu de recul. Retenir cette date, toute symbolique qu'elle soit, a d'abord pour conséquence d'éclipser les autres qui constituent autant de craquellements du rideau de fer face au joug soviétique : le 2 mai 1989, la Hongrie commence à le démanteler par exemple. Mais aussi, dès 1968, le printemps de Prague en Tchécoslovaquie, réprimé dans le sang ; dès 1981, Solidarność en Pologne...
Et puis surtout, soit, le communisme est tombé presque partout. Pour autant, n'ayons pas l'impression que toutes les frontières sont tombées, loin de là. Nous sommes surtout juste du bon côté de celles-ci. Ayons en tête quelques unes de celles qui subsistent... et ce qu'elles incarnent.
La ligne de démarcation coréenne est une sorte d'avatar encore vivace d'une période qu'on croirait révolue.
La ligne de démarquation indo-pakistanaise ou le mur construit en Cisjordanie par Israël, ne sont-elles pas les conséquences ultimes de processus de dé/re-colonisation qui a fait suite à la deuxième guerre mondiale et au nouvel "ordre" du monde qu'elle a engendré ?
Et que penser de la frontière mexico-étatsuniène, ou de Ceuta, enclave espagnole en Afrique du Nord (Maroc) ? N'incarnent-elles pas ce "nouveau" mur de l'argent, ces inégalités - croissantes ? - entre pays du "nord" et du "sud" économique, ou bien entre les habitants de ces mêmes pays, alors que, lorsqu'ils existent, les systèmes de redistribution du capital sont mis à rude épreuve, productivité et efficacité obligent, pour un monde en pleine croissance ?
Lorsque le mur est tombé, les allemands de l'est ont pu ressentir la brise fraiche de la liberté et de la démocratie qui se levait. Et aujourd'hui, quels vents soufflent ?
Petit extrait, pour les germanophes, qui apprécieront.
"Jakob mochte noch nicht mit ihr vertraut sein, Erneste war sie geläufig. Und dennoch küssten sie sich und begannen bald, einander überall dort zu berühren, wohin ihre Händen reichten, ohne den Kuss zu enterbrechen, ohne dass ihre Lippen sich trennten, die Schultern, den Rücken, den Hals, die Haare, die Arme, die Schultern, den Hintern, oder zumindest den Stoff, der das meiste bedeckte, die Haut, die Sehnen und Muskeln.
Und dann war es Erneste, der den Mut fand, seine rechte Hand auf Jakobs Glied zu legen, das es längst spürte. Ohne zu zögern, ohne Angst, zurückgewiesen zu werden, umfasste seine Hand den Stoff, unter dem sich Jakobs Glied kräftig erhob, so gewöhnlich wie seines und genauso anstößig.
Jakob wich keinen Zentimeter zurück, im Gegenteil, sein Körper kam Erneste entgegen und damit auch sein Glied, das unter dem Stoff fügsam durch Ernestes Hand glitt. Er spürte die Eichel, umfasste de Schaft uns schloss die Hand um Jakobs Hoden. Jakob stöhnte auf, Erneste esstickte den Laut mit seinen Lippen. Jakob zitterte am ganzen Körper. Niemand hatte Jakob bislang berührt, wo Ernestes Hand jetzt lag, und während sich sein Handballen auf Jakobs Hose langsam auf und ab bewegte, zwischen Eichel und Schaft, zwischen Nabel und Hoden, fand bald auch Jakobs Hand den Weg zu Ernestes Glied. Zwischen zwei Atemzügen stöhnte er ein zweites Mal, diesmal entfuhr ihm ein Seufzer. Erneste spürte Jakobs Atem, als wehe ein seidenes Tuch an sein Ohr."
Et Rufus aussi ... (Tiergarten, enregistré à la Maison de la Radio)
Bref, en août, ce sera Berlin, et ce sera bien. Et si quelqu'un connaît quelqu'un prêt à héberger un charmant blondinet qui peut faire la cuisine, il (elle ?) est autorisé(e) à se manifester rapidement.
[Parce que le monde bouge] Une bonne nouvelle qui concerne plus d'un milliard d'individus...
Inde : l'homosexualité n'est plus un crime.
La Haute cour de Delhi a jugé jeudi que les rapports sexuels entre adultes consentants de même sexe ne devaient plus être considérés comme un crime en Inde. Cette décision est sans précédent dans le pays.
La justice indienne dénonce ainsi une législation héritée du colonisateur britannique qui interdit l'homosexualité en la considérant comme "contre nature".
L'article 377 du code pénal indien, qui criminalise les rapports homosexuels entre adultes consentants, constitue une "violation des droits fondamentaux", estime l'arrêt de la Haute cour, cité par l'agence officielle Press Trust of India.
Cette vidéo m'émeut beaucoup. Que les premières images montrent les bidonvilles de Mumbai, que je connais un peu, n'y est sans doute pas pour rien. Et vous ?
À la lumière de vos connaissances historiques, et au vu de l'actualité récente, vous discuterez cette affirmation d'Élie Barnavi : "En Occident, on montre son visage".
C'est fuyant, une framboise. Fugitif, même. Éphémère.
Une framboise, on l'a à peine mise en bouche que déjà elle a fondu, et que son goût timide s'enfuit dans l'œsophage.
Pas comme la fraise.
La fraise est ferme, affirmée, avec sa peau rubiconde et charnue, et ses petits poils qui lui poussent dessus. À côté, la framboise est subtile, secrète. Lorsque tu la cueilles sur l'épineux framboisier, ses petites drupéoles translucides menacent à chaque instant d'éclater. Et dire que certains, pourtant, la noient dans un océan de crème fraiche! Quel manque de discernement...
La framboise, c'est un peu à la fraise ce que la poire est à la pomme, tu vois ? Plus fine, plus subtile, en retrait. La framboise, c'est un peu la femme de la fraise.
La campagne pour les élections européennes s'est médiatiquement abîmée dans l'océan atlantique entre le Brésil et les côtes africaines il y a deux jours.
Dont acte.
Pour nous remonter à toutes et tous le moral face à ce fait divers dramatique, votre serviteur vous propose d'oser, plus fort, plus juste, ensemble.
Parce qu'après tout, il l'écoute en boucle, et a converti plusieurs garçons pourtant fréquentables.
Alors voilà :
Bisous bisous bisous bisous...
Tu es mon petit doudou...
Tu es mon étoile filaaaaaaante ...
- Eric Besson, grand signataire du dimanche devant l'Eternel, qui rit au nez de la Justice ;
- Rachida Dati, qui vient de se fendre d'un très officiel communiqué sur le site de la Chancellerie, dont le ton indique clairement qu'elle n'a pas pris son Lexomil ;
- Christine Albanel et sa loi Hadopi, auxquelles on souhaite une vie longue et prospère - au fait, vous connaissez Jérôme Bourreau ?
- Xavier Darcos et Valérie Pécresse vs. l'ensemble du monde de l'éducation et de la recherche (on ne les présente plus) ;
... le prince-président est submergé par les bourdes de ses insubordonnés subordonnés, qui, je le rappelle, sont ministres, du latin minister, serviteur, du peuple français en l'occurrence. Et, en tant que citoyen du sus-nommé peuple, je n'ai pas du tout l'impression qu'on se fout de moi. Pas vous ? Ah, la politique spectacle. Ah, le règne du marketing et de la com. La maturité en action.
Heureusement, ça se bouscule au portillon, MM. Allègre et Lang vont dépoussiérer tout ça, dans un grand gouvernement de rassemblement (toux). Le baroud d'honneur des éléphants ?
Et pendant ce temps là, les élections européennes approchent à grand pas, et j'ai un peu le sentiment que tout le monde s'en fout. [Même R.D.] Or, ce n'est pas comme si on avait délégué une toute petite part de notre souveraineté nationale aux institutions européennes, et que le parlement européen était l'instance sur laquelle les citoyens pouvaient s'impliquer le plus directement. Non.
"For the next two months, every night, no sooner had everyone gone to bed than Edward would knock on Raghubir's door. He would open it , pull his young lover in, strip him naked, fling his white body to the antique four-poser bed and then take him with the craze of his ample lust. Each night his stallion's legs shuddered as he rammed Edward again and again, such gentle violence, such refined debauchery, until all of Edward melted like the frost on the grass and he felt he was everywhere: a liquid of flesh spreading over the bed sheets, over the Indian's sweating body, over the floor.
'Does it hurt?'
'All love hurts,' Edward answered, dripping with sweat in the unreasonably cold English night.
'Well... this one might hurt more than expected,' Raghubir said, and thrust harder. But it doesn't, Edward wanted to say. Don't you see, This is what I was made for. This is who I am."
An extract of a beautiful novel, The Last Song of Dusk, by Siddhart Dhanvant Shanghvi.
Lettre ouverte d’Evo Morales, président de la Bolivie, à propos de la "directive retour" de l’Union Européenne
Jusqu’à la fin de la seconde guerre mondiale, l’Europe fut un continent d’émigrants. Des dizaines de millions d’européens partirent aux Amériques pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la persécution des minorités ethniques. Aujourd’hui, je suis avec préoccupation le processus de la dite « directive retour ». Le texte, validé le 5 juin dernier par les ministres de l’intérieur des 27 pays de l’Union Européenne, doit être voté le 18 juin au Parlement Européen. Je sens que se durcissent de manière drastique les conditions de détention et d’expulsion des migrants sans papier, quelle que soient leur temps de permanence dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et leurs efforts d’intégration.
Les européens arrivèrent massivement en Amérique Latine et aux États-Unis, sans visas ni conditions imposées par les autorités. Ils furent toujours bienvenus et continuent de l’être dans nos pays du continent américain, qui alors absorbèrent la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent pour exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé pour les populations indigènes d’Amérique. Comme c’est le cas de notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines d’argent qui ont apporté la masse monétaire au continent européen du XVIème au XIXème siècle. Les personnes, les biens et les droits des migrants européens furent toujours respectés.
Aujourd’hui, l’Union Européenne est la destination principale des migrants du monde, conséquence de son image positive d’espace de prospérité et de libertés publiques. L’immense majorité des migrants va a l’UE pour contribuer à cette prospérité, et non pour en profiter. Ils occupent des postes dans les travaux publics, la construction, les services aux personnes et les hôpitaux, postes que ne peuvent ou ne veulent pas occuper les européens. Ils contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation entre actifs et inactifs que rendent possible vos généreux systèmes de sécurité sociale et ils dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l’UE.
Pour nous, nos migrants représentent l’aide au développement que les européens ne nous donnent pas –en effet, peu de pays atteignent réellement l’objectif minimum de 0.7 % de leur PIB pour l’aide au développement. L’Amérique Latine a reçu, en 2006, 68 000 millions de dollars de transferts de fonds, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos pays. Au niveau mondial, ils atteignent 300 000 millions de dollars, dépassant les 104 000 millions accordés pour l’aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, reçoit plus de 10% du PIB en transferts (1 100 millions de dollars) ou un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.
Cela signifie que les flux migratoires sont bénéfiques autant pour les Européens que pour nous autres du Tiers Monde, bien que de manière marginale puisque nous perdons également des contingents de main d’œuvre qualifiés qui se comptent par millions, et pour lesquels, d’une manière ou d’une autre, nos États, bien que pauvres, ont investi des ressources humaines et financières.
Lamentablement, le projet de « directive retour » complique terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque État ou groupe d’États peut définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient niés à nos compatriotes et frères latino-américains. La « directive retour » prévoit la possibilité d’un emprisonnement des migrants sans papier allant jusqu’à 18 mois avant leur expulsion – ou « éloignement », selon les termes de la directive. 18 mois ! Sans jugement ni justice ! Tel qu’il est aujourd’hui, le projet de texte de la directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8, et 9 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948. En particulier l’article 13 de la Déclaration annonce :
« 1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. »
Et, le pire de tout, il existe la possibilité d’emprisonner des mères de familles et des mineurs, sans tenir compte de leur situation familiale ou scolaire, dans des centres d’internement où nous savons que les dépressions, les grèves de la faim et les suicides existent. Comment peut-on accepter sans réagir que soient concentrés dans des camps des compatriotes et frères latino-américains sans papier qui, pour une immense majorité ont passé des années à travailler et à s’intégrer ? De quel côté est aujourd’hui le devoir d’ingérence humanitaire ? Où est la « liberté de circuler », la protection contre l’emprisonnement arbitraire ?
Parallèlement, l’Union Européenne essaie de convaincre la Communauté Andine des Nations (Bolivie, Colombie, Equateur et Pérou) de signer un « Accord d’Association » qui comprend en troisième pilier, un Traité de Libre Commerce, de la même nature et contenu que ceux qu’imposent les États-Unis. Nous subissons une intense pression de la part de la Commission Européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publiques. De plus, au nom de la protection juridique, nous subissons des pressions à propos des processus de nationalisation de l’eau, du gaz et des télécommunications réalisés à l’occasion de la Journée Internationale des Travailleurs (1er mai - NDT). Je demande, dans ce cas, où est la « sécurité juridique » pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui cherchent de meilleurs horizons en Europe ?
Promouvoir la libre circulation de marchandises et des finances, alors qu’en face nous assistons à l’emprisonnement sans procès pour nos frères qui essaient de circuler librement, c’est nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques.
Dans ces conditions, si cette « directive retour » est approuvée, nous serions dans l’impossibilité éthique d’approfondir les négociations avec l’Union Européenne et nous nous réservons le droit de mettre en place pour les citoyens européens les mêmes obligations de visa imposées au Boliviens depuis le 1er avril 2007, selon le principe de réciprocité diplomatique. Nous ne l’avons pas exercé jusqu’à ce jour, justement dans l’espoir de voir de bon signaux de la part de l’UE.
Le monde, ses continents, ses océans et ses pôles, vivent d’importantes difficultés globales : le réchauffement climatique, la pollution, la disparition lente mais certaine des ressources énergétiques et de la biodiversité tandis qu’augmentent la faim et la pauvreté dans les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu’ils soient avec ou sans papier, les boucs émissaires de ces problèmes globaux, n’est pas une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l’Europe ne sont pas la faute des migrants, mais le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.
Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent, de régions du monde telles que le Maghreb, de l’Asie et des pays d’Afrique, je lance un appel à la conscience des liders et des députés européens, des peuples, citoyens et activistes d’Europe, pour que le texte de la « directive retour » ne soit pas approuvé.
Telle que nous la connaissons aujourd’hui, c’est une directive de la honte. J’appelle également l’Union Européenne à élaborer, dans les mois prochains, une politique migratoire respectueuse des droits humains qui permette de maintenir ce dynamisme profitable à nos deux continents et qui répare une fois pour toute la terrible dette historique, économique et écologique qu’ont les pays d’Europe envers une grande partie du Tiers Monde, qui referme une fois pour toute les veines toujours ouvertes de l’Amérique Latine. Vous ne pouvez rater aujourd’hui vos « politiques d’intégration » comme vous avez échoué avec votre prétendue « mission civilisatrice » du temps des colonies.
Recevez, chers tous, autorités, euro parlementaires, camarades, un fraternel salut depuis la Bolivie. Et en particulier, notre solidarité envers tous les « clandestins ».
Evo Morales Ayma
Président de la République de Bolivie
Les courageuses et courageux ont droit à un extrait qui, à mon humble avis, déchire quand même un peu sa race.
« Si la peur de la mondialisation est partagée par une majorité d’électeurs, pourquoi s’accompagne-t-elle d’un tel doute politique sur leur propre capacité à en annuler les effets. Pourquoi cette même majorité ne pourrait-elle pas choisir d’engager tout à la fois l’économie sur une voie inégalitaire et le politique dans une voie redistributrice ?
Pour comprendre ce paradoxe, Raquel Fernandez et Dani Rodrik ont proposé un exemple qui témoigne parfaitement de la complexité de l’enjeu. Considérons tout d’abord une société constituée de cent personnes qui gagnent initialement un franc par an : la société ainsi décrite est parfaitement égalitaire et produit 100 francs chaque année. Interprétons maintenant la « mondialisation » (au sens large que nous lui avons donné : commerce et révolution industrielle) comme une transformation qui permettre à soixante personnes de doubler leur revenu, mais qui réduise aussi de moitié le revenu des quarante autres personnes ; La mondialisation produit un enrichissement inégal : elle accroît les inégalités, mais elle enrichit pourtant la société dans son ensemble puisque le revenu global passe de 100 avant mondialisation à 140 après (= 60 x 2 + 40 x 0.5). Une société qui serait « libre » de sa fiscalité choisirait de s’engager dans la mondialisation ; il suffirait en effet que ceux dont le revenu passe de 1 à 2 francs acceptent de compenser de 50 centimes (au moins) les perdants pour que tout le monde y trouve son compte.
Le problème est pourtant le suivant : si la société voulait bel et bien s’engager à l’avance à dédommager les perdants, rien n’oblige les gagnants à le faire après coup. Lorsque la mondialisation a produit ses effets, la société se trouve divisée en riches et en pauvres. Aussi longtemps que ceux qui bénéficient de la transformation sont majoritaires, rien ne les oblige politiquement à dédommager les perdants. Le consensus démocratique exclura les « perdants » de la prospérité : non pas du seul fait des lois du marché, mais parce que les lois de la politique ne suffisent plus à invalider leurs effets.
Ce raisonnement peut être encore affiné…
[…]
Faut-il pour autant conclure qu’une majorité révélée d’électeurs trouve son compte à la répartition des richesses actuelles ? Les 60% de gagnants abandonnent-ils le reste de la société à son destin au seul motif de l’arithmétique électorale ? Cette conclusion serait trop mécaniste : l’attitude vis-à-vis de la pauvreté n’est pas dictée seulement par sa propre position sociale. Les travaux de Thomas Piketty en attestent : les électeurs votent beaucoup plus souvent en fonction des « représentations » du monde qu’ils se donnent qu’en fonction de leur strict intérêt économique.
Souvent, comme le montre Piketty, la position sociale des parents compte beaucoup plus que la propre position sociale des électeurs pour déterminer leur vote.
Donnons ici un exemple plus direct de cette analyse.
Une expérience de psychologie appliquée a été faite, qui aidera à prendre la mesure de cette attitude face à la redistribution. On demande tout d’abord à dix enfants de faire un dessin. Lorsqu’ils sont faits, l’organisateur de l’expérience prend un dessin au hasard, annonce qu’il est le plus beau, et explique qu’il faut à son auteur une récompense : un billet de cent francs. Lorsque le prix est donné, l’éducateur murmure à son oreille qu’un des dix enfants est très malade, et qu’il pourrait être aidé grâce au billet de cent francs. Dans 90% des cas l’enfant donne son billet à son petit camarade. Les résultats de cette expérience sont ensuite comparés à une autre qui en modifie les données de la façon suivante. Au lieu d’attendre que les dessins soient faits pour révéler qu’un prix récompense le plus beau, l’éducateur annonce les règles dès le début : le plus beau dessin sera récompensé par un billet de cent francs. Lorsque les dessins sont faits et le plus beau dessin (pris au hasard, comme dans la première expérience) récompensé, l’éducateur répète les mêmes phrases concernant le petite camarade malade. La réponse de l’enfant est cette fois radicalement différente : dans la majorité des cas il conserve « son » billet.
Cette expérience témoigne d’une réalité simple et profonde : l’altruisme, le souci de l’autre, ne sont pas des données « intrinsèques » de la nature humaine, elles dépendent des le représentation qu’une individu aura du monde social auquel il appartient. Le premier enfant reçoit une récompense qu’il n’a pas prévue : elle le rend généreux ; le second enfant au contraire voit dans le billet de cent francs la récompense qu’il croit méritée de son effort : il devient égoïste…
Il y a plusieurs directions auxquelles cette anecdote peut conduire. La première permet de cerner la différence d’attitude qui s’exprime depuis la fin des trente glorieuses au sein même de l’Europe. Aussi longtemps qu’on gagne plus qu’on ne croyait recevoir, comme ce fût le cas dans les années d’après-guerre, on est généreux, on construit une protection sociale « pour tous ». A l’heure où il faut indéfiniment réviser à la baisse ses attentes, à l’inverse, on devient plus individualiste : on se bat pour « sa » caisse de retraite, sans prendre en compte la situation des autres.
Mais cette expérience permet également de saisir la différence d’attitude entre la France et les Etats-Unis. Lorsqu’on les interroge sur les causes du succès professionnel, les Français répondent : les relations, la chance…, tandis que les Américains répondent : l’ambition, le travail… Un Français qui a réussi est comme le premier enfant : il croit en sa chance. L’Américain ressemble au second : il croit en l’aboutissement de ses efforts, même si en pratique la réalité sociale et en fait très proche de part et d’autre de l’Atlantique (contrairement aux idées reçues, les tables de mobilité sociale sont en effet voisines l’une de l’autre en France et aux Etats-Unis). L’américanisation de la société que redoutent tant les Français est peut-être en train de se jouer aujourd’hui à ce niveau-là, dans le domaine des représentations de la société, dans une attitude plus « inquiète » au travail, dans une nouvelle image des efforts à faire pour assurer sa réussite professionnelle… »
Piscine :
n.f.
1. lieu rêvé pour forniquer dans les vestiaires en charmante compagnie.
2. lieu idéal pour songer avec nostalgie à ses amours tombées à l’eau.
Quel tête de con quand même, il ne faut pas s'étonner de te faire cogner dans la rue..
Zitrion
je te demande pardon ?
le-pied-de-damocles
l'article sur ton blog m'a particulièrement dérangé, j'ai des amis gays d'origine arabe qui souffrent suffisamment de l'image qu'on leur renvoie, qui se passeraient bien d'un jugement généralisé sur les gens de leur communauté.
Il faut faire attention à ce que l'on dit, en tant que gay, nous ne pouvons entretenir ce genre de haine.
23/09/2007
Zitrion
bon. En premier lieu, je te demande de t'excuser pour ton premier mail, qui était insultant et idiot. Ensuite : je relis mon post... non, il ne faut pas lire plus que ce que j'ai écrit. Je n'ai pas présagé de la religiosité du bonhomme, je n'en savais rien. J'ai des amis arabes - non religieux cela dit - (cet argument n'est pas forcément probant, quel nazi n'avait pas "ses amis juifs" ?). J'ai justement fait attention à ne pas tenir de jugement généralisateur, expliqué que je n'avais jamais discuté avec une femme voilée, et je distingue parfaitement un arabe d'un musulman. Et j'ai expliqué que ce post n'était pas le lieu des débats .... "Islam et/ou/vs. modernité", et "cultureS arabeS et acceptation de l'homosexualité". Toute religion a une tendance lourde au traditionnalisme et aux positions réactionnaires, et les dogmes religieux empêchent par leur nature même l'émergence d'une pensée critique et moderne. D'autre part, l'homosexualité est très mal acceptée dans les pays arabes, ce n'est quand même pas faux que d'écrire ça, j'en suis le premier désolé, mais c'est ainsi ! Il faut tout de même en tenir compte pour juger des comportements.
25/09/2007
le-pied-de-damocles
Que c'est agréable de piquer juste un peu pour avoir des explications un peu plus fournies. Je partage cet avis que l'homosexualité est criminelle dans ces pays et que le pire c'est l'énergie déployée par ces arabes en france pour nous faire vivre dans la terreur. Je ne les aime pas, je méprise cette mentalité tout autant que toi. Les religieux sont les pires, je me suis battu violemment à plusieurs reprises. Je n'ai pas l'intention de m'excuser de mon premier message, je n'aime pas ton visage.
Zitrion
Et lorsque tu n'aimes pas le visage de quelqu'un, tu l'insultes ? Intéressant... un chouia méprisable comme attitude. Encore un effort pour devenir un homme civilisé.
28/09/2007
le-pied-de-damocles
ce n'est pas ma vocation d'être civilisé, vraiment tu as une bonne tête de con, quelle horreur, avec un tel visage tu seras malheureux toute ta vie.
Commentaires
i. Pour vivre heureux, vivons cachés. J'aimerais bien voir ta tête.
ii. Si c'est pas malheureux d'écrire des trucs aussi cons à trente berges... il y en a qui n'ont vraiment pas profité de leur vieillissement pour accroître leur sagesse.
Champs-Elysées, 21.09.07, 17h12. Mon copain et moi nous embrassons, lorsqu’un homme, la cinquantaine, origine arabe (*), se dirige vers nous et nous donne un coup de poing dans la poitrine – un chacun, nous criant que nous l’agressons et que nous devrions avoir honte.
Culotté, cet homme, tout de même. Pas de réaction de ma part, je me demande ce qui se passe – mon copain réagit et le repousse. Les passants doivent se retourner et s’écarter – ah, le courage parisien ! Un homme, la cinquantaine là encore, s’interpose entre nous et le premier. Et d’expliquer au premier homme qu’il a un comportement homophobe, que c’est lui qui nous agresse, pas le contraire.
Le premier ne semble pas comprendre.
Derrière, alors que mon copain laissait le second homme régler cela avec le premier, je commence à m’énerver et à sortir des phrases complètement inadaptées au public, du genre « si vous avez un problème avec votre inconscient, allez voir un psychiatre ». Jérémy, encore un effort pour te faire comprendre… Vivre ou ne pas vivre dans sa bulle ?
A savoir qu’on a légalement droit à une réaction « proportionnée », et légitimement droit de s’énerver. Dommage qu’il n’y ait pas eu quelque flic dans le coin, il y a en a normalement tous les trente mètres sur les Champs, j’aurais porté plainte, et la justice aurait peut-être permis à cet homme de prendre conscience que ses actes étaient totalement inappropriés.
Ce qui est emmerdant dans l’affaire, c’est que ce premier type se soit senti suffisamment dans son bon droit pour oser attenter à notre intégrité physique, et soit reparti en étant toujours persuadé d’avoir raison.
En conclusion, les vieux cons mourront avant nous, mais il importe, dans une société démocratique réelle, de promouvoir l’acceptation de l’autre dans ses différences, et accessoirement de faire en sorte qu’il y ait le moins de cons possibles. C’est l’endroit rêvé dans ma conclusion pour sortir qu’untel disait qu’on jugeait de la santé d’une société à sa capacité à intégrer ses marges.
Car il n’y a aucun mérite à accepter ce qui ne nous dérange pas. Il faut par exemple accepter les femmes fantômes (*) tout de noir vêtues dont on ne voit que les yeux, quitte à aller discuter posément avec elles de religion, rites, dogmes et pratiques, en se disant bien qu’on ne sera pas d’accord, mais qu’enfin, ce n’est pas une raison pour les empêcher de vivre ! Je n’ai jamais discuté avec une femme voilée, ça reste finalement aussi conceptuel qu’absurde pour moi. Mais jamais je n’irais en agresser une dans la rue…
Il faut impérieusement continuer à faire acte de visibilité et de banalisation. Pour lutter contre la bêtise et l’ignorance. Il faut prendre des risques.
Est-ce que j’ose ?…
Homosexuel(le)s de tous les pays, embrassez-vous !
(*) : un autre jour, le débat sur l’acceptation de l’homosexualité dans les pays arabes, dans la culture héritée de ces pays, et sur la religion.