J'écoute : Pierre Lapointe
Je lis : La soumission librement consentie
Je joue : à Citadelles
Je mange : de crêpes
Je bois : peu
Je cite : Naomi Klein
Je pense : à ce que je vais faire de moi
Je rêve : , et m'en souviens plus qu'avant.
(mis à jour mercredi 27 août 2008 à 13:10)

30/04/2007

30/04/07 - 10:52

Ressources humaines

Hier, j’ai regardé Ressources Humaines.

Un film français dont je peux bien sûr donner la trame : un jeune élève d’école de commerce arrive pour un stage aux ressources humaines de l’usine où son père est ouvrier.
Chargé de la mise en application des 35h, il découvre par hasard que la direction planifie le licenciement de douze personnes, dont son père.
Je conseille ce film, qui pose de bonnes questions sur les rapports de force et les tensions au sein d’une entreprise, et plus globalement sur l’organisation du travail, et demeure à mon avis d’actualité.

[J’en dévoile la fin dans la suite du post]

Je dois dire que ce film m’a énormément touché. Notamment un dialogue entre le père et le fils. Je me suis surpris à avoir les larmes aux yeux. Le père, impuissant, résigné, qui va être viré à moins de cinq années de la retraite parce que pas assez rentable. Face à lui, le fils qui a lancé une grève en informant les salariés et syndicats des licenciements.

On imagine une usine rattachée à un groupe dont les contraintes financières vont crescendo.
Les syndicats révoltés d’une part, campent sur des positions caricaturales. La direction, elle, tente de se donner bonne conscience, arguant des nécessités économiques.

Ce film m’a touché personnellement en ce que qu’il peut transcrire une partie de ma relation avec mon père. C’est une chose. En ce qu’il cristallise donc des tensions sociales auxquelles je peux intérieurement être sujet.
Il pose de bonnes questions, mais pourtant n’apporte pas de réponse : on reste bloqué sur une grève. Sur des intérêts divergents et semble-t-il irréconciliables.

Puis-je me hasarder à tenter une réponse ?…

Elle rejoint le post précédent. Pour en finir avec la schizophrénie et les tensions, il importe de concilier les intérêts des travailleurs et des détenteurs des capitaux des entreprises .... comment ? Je soumets deux idées à votre jugement souverain.

1. un capitalisme de masse, démocratique. Impliquer les salariés en les faisant actionnaires de leurs entreprises. Que celui qui travaille ait son mot à dire sur les orientations de son entreprise. Au risque de faire un grand écart conceptuel dont certains ne vont pas se remettre, cette mesure que j'inscris dans l'idée d''autogestion me semble profondément de gauche et socialiste. Et bien évidement je ne cautionne ni le boursicotage, ni la quête du profit individuel.

2. une idée communiste. Nationaliser, rendre public un certains nombres de moyens de production dans divers domaines jugés sensibles, allant des transports au secteur énergétique en passant par le logement social ou la production de certains biens manufacturés. Vous croyez en l'état et en la solidarité nationale, vous ? Moi, plutôt oui.

Des idées ?

30/04/07 - 10:37

Chère Laurence Parisot ...


Je lis dans Marianne que Laurence Parisot a dit dans l’Humanité du 10 janvier 2007 « On ne peut pas appliquer la morale à une grille de salaire. » J’aurais envie de dire no comment. Mais bon, là, ça m’énerve tellement que je ne vais pas pouvoir me retenir. Cette même Laurence Parisot qui avait d’ailleurs sur France Inter défendu l’idée d’une bonne et d’une mauvaise précarité. Parce que vous comprenez, un jeune diplômé qui se fait embaucher en CDD, c’est une bonne précarité, une opportunité, une chance. Comme si, légalement, le CDD était là pour ça ! Non, le CDD en France, Mme Parisot, s’applique dans des cas précis ; pour juger de l’aptitude de quelqu’un à tenir un poste dans une entreprise, il y a la période d’essai du CDI. Bref, il se trouve qu’il y a quelques temps, j’ai passé une demi heure à me faire expliquer doctement par un chef d’entreprise de deux cents personnes la grille de rémunération de ses salariés. OST. Elle concerne les salaires allant jusqu’à 2800 € brut ; au-delà, la rémunération est individualisée. (La motivation des cadres, vous connaissez ?) Cette grille fonctionne avec un système de coefficients, qui fixe des niveaux de poste. Chaque salarié voit son travail décortiqué par ce système, chacune des tâches qu’il effectue étant pondérée. La somme de ces points forme le coefficient, en vertu duquel un employé peut prétendre à tel ou tel salaire. La convention collective et la loi fixant un salaire minimal. Tout cela est très égalitaire, très froid et finalement préférable à un système de rémunération et de primes accordées à la tête du client. Le seul hic, là dedans, ce sont les sommes de la deuxième colonne du tableau. Bizarrement, les critères de pénibilité et de dangerosité des tâches effectuées sont bien moins pondérés que celui de « l’influence sur la politique stratégique de l’entreprise », ou de « management de ressources humaines ». Et cela permet à notre chef d’entreprise, sans sourciller, de justifier le SMIC de ses ouvriers avec un excédant brut d’exploitation de plus de deux millions d’euros.

Ah ça, pour sûr, la morale ne s’applique pas à une grille de salaire. Et puis d’abord, qu’ils triment, qu’ils suent, qu’ils en bavent, dans la vie y’a les gagnants et les perdants, non ? Vous avez déjà vécu avec un SMIC, vous ? Avec un SMIC, c’est sûr qu’on peut se permettre d’être partisan de la décroissance, d’en vouloir aux RMIstes, d’être plein de ressentiment envers un monde qui décidément nous échappe.

Ce qui me met hors de moi, dans l’expression de Mme Parisot, c’est le "on ne peut pas", qui scelle dans le marbre le credo libéral et ultra-individualiste de la fatalité de la loi du marché et de la lutte de chacun pour sa survie. Si, on peut ! On peut légiférer, pour que l’entreprise soit un lieu de démocratie participative, pour que celles et ceux qui y travaillent aient leur mot à dire sur la distribution des profits qu’ils permettent de générer. On peut œuvrer pour mettre en place un système qui maximise le bien-être d’un maximum de gens, responsabilise tout à chacun, fasse en sorte d’élever un maximum de personnes aux trois niveaux supérieurs de la pyramide de Maslow. Il faut tendre vers cela. Impérieusement.

Mme Parisot, vous voyez le monde avec des chiffres et des taux de productivité. Il y a plus essentiel. C’est une certitude humaniste.

24/04/2007

24/04/07 - 17:58

Le club Bienséance n'a qu'à bien se tenir.

Pour l'ouverture - circonstanciée - de ce blog...

Dans le cadre du plan « On ne va pas se laisser emmerder par des petits cons », le Ministère de la Rééducation Nationale a le plaisir de vous fournir un dialogue de qualité, commis ce jour...

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cerum06 : "une coupe de cheveu sa te ferai pa de mal"

Moi : " Ce genre de remarque, vois-tu, tu aurais pu t'abstenir de la faire. Ou du moins la faire autrement. Question d'éducation, je suppose. Là, on est en plein dans le "petit merdeux de 18 piges qui se la pète". Pour ta gouverne, je suis très content de ma coupe de cheveux actuelle, ne t'en déplaise. Elle me plait et plait aux gens que j'aime. Puisque tu ne me poses pas la question, je n'aime ni ta coupe fashion décolorée, ni tes lunettes de soleil, ni surtout ton air suffisant de jeune coq. ps. : achète toi un dictionnaire, ca fait négligé."

***

Un peu de bruit pour rien. Je ne suis pas du tout partisan du très judéochrétien "si on te gifle la gauche, tend la droite." Et je n'étais pas d'humeur pédagogue aujourd'hui. Tant pis.

A bon entendeur, salut.