J'écoute : Pierre Lapointe Je lis : La soumission librement consentie Je joue : à Citadelles Je mange : de crêpes Je bois : peu Je cite : Naomi Klein Je pense : à ce que je vais faire de moi Je rêve : , et m'en souviens plus qu'avant. (mis à jour mercredi 27 août 2008 à 13:10)
Voici un extrait de Comme deux frères , d'Axel et Jean-François Kahn, un livre dont j'ai corné environ une page sur cinq, dont je recommande donc chaudement la saine lecture.
Jean-François Kahn a la parole.
"On nous assène à longueur de journée qu'une seule orientation, désormais, est valable et possible, que le verdict des urnes ne sert en conséquence à rien. Qu'on vote Gerhard Schröder ou Lula da Silva, c'est effectivement toujours la même politique. Il ne s'agit nullement d'une trahison : comme le serine l'orthodoxie dominante, compte-tenu des "contraintes" du marché et de ses exigences, des impératifs européens et de la mondialisation, il n'y a pas d'autre façon de procéder. Ca ne va pas dans le bon sens, mais c'est le seul sens possible ! On va dans le mur, mais ce mur étant "incontournable", comme ils disent, le pragmatisme implique ce fracassement. Mon raisonnement est inverse : puisque nous sommes embarqués sur un train fou qui se dirige vers un précipice, nous devons absolument l'arrêter, même contre l'avis de ceux qui le conduisent, quitte à faire dérailler la locomotive. Tu es bien placé pour le savoir : la commercialisation des gènes montre jusqu'où peut aller la marchandisation du monde. Puisque l'arme de l'expression électorale a été neutralisée, il faut stopper ce train, le réorienter à l'aide d'un projet révolutionnaire démocratique et humaniste. C'est la définition de ma conception de la révolution : un coup d'arrêt permettant une restructuration autour de l'être humain comme nouveau centre.
Ne nous y trompons pas : ce processus a déjà démarré, de toute façon : l'intégrisme, l'islamisme, le nationalisme ethnique, le national-populisme, le néofascisme, le néostalinisme, constituent autant de formes de réactions perverses à uns situation insupportable et qui ne sera pas supportée. Si nous ne remodelons pas l'avenir pour le meilleur, d'autres s'en chargeront pour nous, et pour le pire. Souvenons-nous de 1930 où, face à l'effondrement du capitalisme, ce sont les fascismes et le stalinisme qui ont porté l'aspiration au changement, parce que les démocrates et les humanistes, à part Roosevelt aux Etats-Unis, n'ont pas su penser la métamorphose du système.
A travers l'histoire, les révolutions ont été de quatre natures : nationale, démocratique, sociale ou libérale. Or, pour la première fois, les quatre sont devenues indispensables ensemble ! Le référendum du 29 mai 2005 a montré la nécessité de redonner un sens à la nation, fût-elle européenne (je suis personnellement fédéraliste européen), en réaction à cette espèce de fuite illimitée vers un marché unique sous tutelle hégémonique américaine où seuls l'argent et la recherche du profit tiennent lieu de patrie. Nécessité d'une révolution nationale, donc, mais aussi démocratique : le bulletin de vote doit redevenir un instrument de transformation. Révolution sociale ensuite, en refus des inégalités, des fractures sociales inouïes que même Marx n'aurait jamais pu imaginer ! Et révolution libérale, enfin, pour reconquérir tous les acquis progressistes du libéralisme : la concurrence, la propriété démocratique et diffuse, la pluralité et le droit d'accès au marché, la vraie liberté d'entreprendre. Si on ne comprend pas que la logique néolibérale, normative, monopoliste, concentrationnaire, uniformisante, spéculative, insécuritaire, sorte de refondation du communisme sur une base privatisée, est radicalement destructrice du libéralisme authentique, on ne comprend rien ! C'est cette fusion des quatre inspirations révolutionnaires qui déterminera l'émergence d'une nouvelle modernité.
Pour ce faire, il faut reconstituer un front élargi, formé de tous ceux qui n'acceptent pas, soit pour des motifs philosophiques, soit pour des raisons économiques - ou d'intéret -, la situation : les chômeurs, les exclus, les salariés certes, mais aussi les petits commerçants, les artisans, les paysans non productivistes, et les patrons de PME, qui seront tous demain balayés par la dynamique néolibérale."
Des questions ? Défoulez-vous, je suis sûr que certain(e)s ne voient même pas où est le problème...
Ce film tiré d’une histoire vraie retrace le parcours d’une enseignante néophyte, Erin Gruwell, qui a choisi comme premier poste un lycée difficile de Long Beach. Face à elle tentent de survivre des adolescents en proie aux – et membres des – gangs. On assiste ainsi, médusés, à des scènes d’une violence inouïe résultant des tensions interraciales entre latinos, noirs et asiatiques – scènes qui peuvent paraître tellement surréalistes dans les années 80 aux Etats-Unis, du moins pour moi qui vis dans ma bulle. Grâce à son investissement, grâce à Anne Frank, elle va réussir à amorcer le dialogue avec ces jeunes, à intéresser ces élèves que tout prédestinait à l’échec, et à leur donner l’envie de surmonter leurs différends et de vivre ensemble, malgré tout.
Je trouve que cette histoire est un bel hymne au vivre ensemble et à la réussite dans la volonté collective, qu’il est toujours bon de rappeler.
Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse.
Ahhh, c’est bon. Je crois que je bande. Ne vous méprenez pas, humbles lecteurs, rien de sexuel ! Non mais vous comprenez, ça fait quatre mois que j’ai demandé à la paroisse de St Denis une attestation de baptême, et - dieu soit en location !- je viens de la recevoir. (Ils doivent manquer de personnel…)
Enfin, je vais pouvoir accomplir cet acte ô combien important dans ma vie de catholique – le dernier, l’ultime : me faire débaptiser.
Ca me démangeait, vous ne pouvez pas savoir à quel point. Se faire verser de l’eau sur la tête par un curé à l’âge de deux ans, franchement, c’est un peu comme se faire circoncire (excusez-moi, je n’ai pas vocation à blesser qui que ce soit avec ce paragraphe), on ne s’en remet jamais vraiment, et ça fait chier toute sa vie.
Je ne résiste pas …
***
A l’attention de M. le curé de la paroisse ***.
Monsieur le curé,
Ayant été baptisé en l'église *** le ***, sous le nom de Jérémy ***, je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter sur le registre des baptêmes en regard de mon nom la mention suivante : " A renié son baptême par lettre datée du 02/08/2007 "
En effet, mes convictions philosophiques ne correspondent pas à celles des personnes qui, de bonne foi, ont estimé devoir me faire baptiser. Ce sera ainsi contribuer à l'expression de la vérité que, vous et moi, nous respectons, en évitant de faire croire, au vu de mon nom sur vos registres, que je suis membre de la communauté catholique.
En conséquence, j'ai l'honneur de vous demander de bien vouloir me rayer des listes des baptisés qui sont tenues dans votre diocèse et de m'adresser une attestation de cette radiation.
Veuillez noter que légalement l'Eglise ne peut refuser une requête en débaptisation, et qu'elle doit, au titre de la réglementation de la Commission Nationale Informatique et Liberté sur les fichiers même manuscrits, fournir à titre gracieux un double de l'acte modifié.
Dans l'attente de votre confirmation écrite, je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments distingués.
Jérémy ***.
***
Quitte à se faire rebaptiser un jour, si dieu le veut, mais… dieu m’en préserve !
Là, ce n’était plus possible. Entre les rituels et les dogmes, des millénaires de judéo-christianisme qui se vautre dans l’idéal ascétique, on n’en peut plus, les corps exsudent, les esprits pleurent, fuyez braves gens, les femmes et les invertis d’abord !
Plus sérieusement, quelques citations :
« Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c'est nous qui l'avons tué ! Comment nous consolerons-nous, nous, meurtriers entre les meurtriers ! Ce que le monde a possédé de plus sacré et de plus puissant jusqu'à ce jour a saigné sous notre couteau; qui nous nettoiera de ce sang ? Quelle eau pourrait nous en laver? Quelles expiations, quel jeu sacré seront nous forcés d'inventer ? La grandeur de cet acte est trop grande pour nous. Ne faut-il pas devenir Dieu nous-mêmes pour, simplement, avoir l'air dignes d'elle ? Il n'y a jamais eu d'action plus grandiose, et, quels qu'ils soient, ceux qui pourraient naître après nous appartiendront, à cause d'elle, à une histoire plus haute, que jusqu'ici, ne fut aucune histoire ! »
Le Gai Savoir
« En renonçant à la foi chrétienne, on se dépouille du droit à la morale chrétienne. Celle-ci ne va absolument pas de soi (…). Le christianisme est un système, une vision des choses totale et où tout se tient. Si l'on en soustrait un concept fondamental, la foi en Dieu, on brise également le tout du même coup : il ne vous reste plus rien qui ait de la nécessité. »
Le Crépuscule des idoles, Incursions d'un inactuel.
Friedrich Nietzsche
« Car Dieu n'est ni mort ni mourant - contrairement à ce que pensent Nietzsche et Heine. Ni mort ni mourant parce que non mortel. Une fiction ne meurt pas, une illusion ne trépasse jamais, un conte pour enfant ne se réfute pas. »
Traité d'athéologie – Michel Onfray
Point. Je reste ouvert pour tout baptême civil et républicain, bien entendu.