J'écoute : Pierre Lapointe
Je lis : La soumission librement consentie
Je joue : à Citadelles
Je mange : de crêpes
Je bois : peu
Je cite : Naomi Klein
Je pense : à ce que je vais faire de moi
Je rêve : , et m'en souviens plus qu'avant.
(mis à jour mercredi 27 août 2008 à 13:10)

02/08/2007

02/08/07 - 13:46

Amen !

Ahhh, c’est bon. Je crois que je bande. Ne vous méprenez pas, humbles lecteurs, rien de sexuel ! Non mais vous comprenez, ça fait quatre mois que j’ai demandé à la paroisse de St Denis une attestation de baptême, et - dieu soit en location !- je viens de la recevoir. (Ils doivent manquer de personnel…)

Enfin, je vais pouvoir accomplir cet acte ô combien important dans ma vie de catholique – le dernier, l’ultime : me faire débaptiser.

Ca me démangeait, vous ne pouvez pas savoir à quel point. Se faire verser de l’eau sur la tête par un curé à l’âge de deux ans, franchement, c’est un peu comme se faire circoncire (excusez-moi, je n’ai pas vocation à blesser qui que ce soit avec ce paragraphe), on ne s’en remet jamais vraiment, et ça fait chier toute sa vie.

Je ne résiste pas …

***


A l’attention de M. le curé de la paroisse ***.
Monsieur le curé,

Ayant été baptisé en l'église *** le ***, sous le nom de Jérémy ***, je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter sur le registre des baptêmes en regard de mon nom la mention suivante : " A renié son baptême par lettre datée du 02/08/2007 "

En effet, mes convictions philosophiques ne correspondent pas à celles des personnes qui, de bonne foi, ont estimé devoir me faire baptiser. Ce sera ainsi contribuer à l'expression de la vérité que, vous et moi, nous respectons, en évitant de faire croire, au vu de mon nom sur vos registres, que je suis membre de la communauté catholique.

En conséquence, j'ai l'honneur de vous demander de bien vouloir me rayer des listes des baptisés qui sont tenues dans votre diocèse et de m'adresser une attestation de cette radiation.

Veuillez noter que légalement l'Eglise ne peut refuser une requête en débaptisation, et qu'elle doit, au titre de la réglementation de la Commission Nationale Informatique et Liberté sur les fichiers même manuscrits, fournir à titre gracieux un double de l'acte modifié.

Dans l'attente de votre confirmation écrite, je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments distingués.
Jérémy ***.

***


Quitte à se faire rebaptiser un jour, si dieu le veut, mais… dieu m’en préserve !

Là, ce n’était plus possible. Entre les rituels et les dogmes, des millénaires de judéo-christianisme qui se vautre dans l’idéal ascétique, on n’en peut plus, les corps exsudent, les esprits pleurent, fuyez braves gens, les femmes et les invertis d’abord !

Plus sérieusement, quelques citations :

« Dieu est mort ! Dieu reste mort ! Et c'est nous qui l'avons tué ! Comment nous consolerons-nous, nous, meurtriers entre les meurtriers ! Ce que le monde a possédé de plus sacré et de plus puissant jusqu'à ce jour a saigné sous notre couteau; qui nous nettoiera de ce sang ? Quelle eau pourrait nous en laver? Quelles expiations, quel jeu sacré seront nous forcés d'inventer ? La grandeur de cet acte est trop grande pour nous. Ne faut-il pas devenir Dieu nous-mêmes pour, simplement, avoir l'air dignes d'elle ? Il n'y a jamais eu d'action plus grandiose, et, quels qu'ils soient, ceux qui pourraient naître après nous appartiendront, à cause d'elle, à une histoire plus haute, que jusqu'ici, ne fut aucune histoire ! »

Le Gai Savoir

« En renonçant à la foi chrétienne, on se dépouille du droit à la morale chrétienne. Celle-ci ne va absolument pas de soi (…). Le christianisme est un système, une vision des choses totale et où tout se tient. Si l'on en soustrait un concept fondamental, la foi en Dieu, on brise également le tout du même coup : il ne vous reste plus rien qui ait de la nécessité. »

Le Crépuscule des idoles, Incursions d'un inactuel.

Friedrich Nietzsche

« Car Dieu n'est ni mort ni mourant - contrairement à ce que pensent Nietzsche et Heine. Ni mort ni mourant parce que non mortel. Une fiction ne meurt pas, une illusion ne trépasse jamais, un conte pour enfant ne se réfute pas. »

Traité d'athéologie – Michel Onfray

Point. Je reste ouvert pour tout baptême civil et républicain, bien entendu.

commentaires

02/08/07 - 14:35

une bonne paire de claques ^^

va donc prier pour te faire pardonner de ces pérégrinations paiennes...

02/08/07 - 14:58

Religion et démocratie sont-elles aisément conciliables ?

"Quand il grêle sur le percil,
C'est bête et méchant, je suggère
Qu'on en parle au prochain concil.
Dieu, s'Il existe, Il exagère."

, clamait Brassens dans un texte qui fut interprété après sa mort par Jean Bertola.

On y croit. Je n'eus pas l'honneur, en bon fils de 68-ard, de me faire mouiller le crâne. Et j'ai toujours souffert, étant petit, de ne pas avoir de marraine comme les autres. Tu en as parlé à ta marraine ? :p

Courage, sois prudent, ferme mais diplomate.

02/08/07 - 22:44

moi aussi, g été baptisé mais g tj eu la flemme de me faire "débaptiser". En outre, cela supposerait, à mes yeux, que j'accorde déjà trop d'importance à un rite social absurde. Et après tout, mon nom doit traîner dans quelques dizaines de fichiers plus ou moins à mon insu; alors, un de plus ou de moins...
Par contre, je tiens à être déshérité de "l'héritage des idées chrétiennes" qu'on a prétendu insérer dans la «Constitution Européenne». Quand un héritage n'est que dettes, on peut en principe le refuser.

04/08/07 - 08:46

Moi, mes parents m'ont laissé le choix (au grand désaroi des grands parents). Ils ont bien fait ! j'évite une telle formalité :)

06/08/07 - 08:10

<blonde>C'est plus dur pour les juif qui se sont fait circoncire de revenir sur sa religion...</blonde>

15/08/07 - 15:42

trois points

...

s'en vont
sans mot
verser
trois larmes
trois grains
serait-ce un chapelet?

23/09/07 - 15:04

Que faire si on a été circoncis, mais qu'on n'est pas juif?

23/09/07 - 18:01

Astorg, voilà une question à laquelle notre théologien du dimanche pourra répondre !

12/06/08 - 07:04

La débaptisation me semble platement légale. Pour faire court, je ne la comprends pas. Quel soulagement y trouve-t-on ? Le même que celui que j'ai en fermant un compte sur Internet ? Est-ce un acte de militantisme mu par l'idée que ce signe sera interprété positivement par l'Église ? J'aimerais en discuter avec toi, un jour ou l'autre. (Sans mon col romain.)

Les commentaires sont automatiquement fermés aux visiteurs au bout de trente jours.