Ma première agression homophobe ...
Champs-Elysées, 21.09.07, 17h12. Mon copain et moi nous embrassons, lorsqu’un homme, la cinquantaine, origine arabe (*), se dirige vers nous et nous donne un coup de poing dans la poitrine – un chacun, nous criant que nous l’agressons et que nous devrions avoir honte.
Culotté, cet homme, tout de même. Pas de réaction de ma part, je me demande ce qui se passe – mon copain réagit et le repousse. Les passants doivent se retourner et s’écarter – ah, le courage parisien ! Un homme, la cinquantaine là encore, s’interpose entre nous et le premier. Et d’expliquer au premier homme qu’il a un comportement homophobe, que c’est lui qui nous agresse, pas le contraire.
Le premier ne semble pas comprendre.
Derrière, alors que mon copain laissait le second homme régler cela avec le premier, je commence à m’énerver et à sortir des phrases complètement inadaptées au public, du genre « si vous avez un problème avec votre inconscient, allez voir un psychiatre ». Jérémy, encore un effort pour te faire comprendre… Vivre ou ne pas vivre dans sa bulle ?
A savoir qu’on a légalement droit à une réaction « proportionnée », et légitimement droit de s’énerver. Dommage qu’il n’y ait pas eu quelque flic dans le coin, il y a en a normalement tous les trente mètres sur les Champs, j’aurais porté plainte, et la justice aurait peut-être permis à cet homme de prendre conscience que ses actes étaient totalement inappropriés.
Ce qui est emmerdant dans l’affaire, c’est que ce premier type se soit senti suffisamment dans son bon droit pour oser attenter à notre intégrité physique, et soit reparti en étant toujours persuadé d’avoir raison.
En conclusion, les vieux cons mourront avant nous, mais il importe, dans une société démocratique réelle, de promouvoir l’acceptation de l’autre dans ses différences, et accessoirement de faire en sorte qu’il y ait le moins de cons possibles. C’est l’endroit rêvé dans ma conclusion pour sortir qu’untel disait qu’on jugeait de la santé d’une société à sa capacité à intégrer ses marges.
Car il n’y a aucun mérite à accepter ce qui ne nous dérange pas. Il faut par exemple accepter les femmes fantômes (*) tout de noir vêtues dont on ne voit que les yeux, quitte à aller discuter posément avec elles de religion, rites, dogmes et pratiques, en se disant bien qu’on ne sera pas d’accord, mais qu’enfin, ce n’est pas une raison pour les empêcher de vivre ! Je n’ai jamais discuté avec une femme voilée, ça reste finalement aussi conceptuel qu’absurde pour moi. Mais jamais je n’irais en agresser une dans la rue…
Il faut impérieusement continuer à faire acte de visibilité et de banalisation. Pour lutter contre la bêtise et l’ignorance. Il faut prendre des risques.
Est-ce que j’ose ?…
Homosexuel(le)s de tous les pays, embrassez-vous !
(*) : un autre jour, le débat sur l’acceptation de l’homosexualité dans les pays arabes, dans la culture héritée de ces pays, et sur la religion.
22/09/07 - 12:44
nos gouvernements sont aussi complices: il acceptent les protestations des pays islamiques contre l'enlèvement du voile lors des contrôles de nos aéroports mais ne disent rien lorsque ces régimes torturent et assassinent des homosexuels.
bof, en Justice, tu aurais sutout perdu ton temps...
oui, embrassons-nous! :))
surtout devant les femmes voilées! (zut, g coché 'exhibitionnisme: jamais'!)
valerio